L'idéologie spéciste postule que l'espèce est un critère pertinent pour décider de la valeur morale d'un individu. Il justifie la supériorité humaine sur les autres animaux, la hiérarchisation des espèces entre elles ainsi que l'exploitation.
L'idéologie antispéciste lutte contre le spécisme.
Aborder la médecine vétérinaire dans une approche antispéciste soulève de nombreuses questions et dilemmes éthiques qui nous invitent à une réflexion collective.
1. Qu'est-ce que le spécisme ?
Apparu dans les dictionnaires français entre 2017 et 2020, le spécisme est défini comme une idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces, spécialement la supériorité de l'être humain sur les animaux.
Plus simplement, le spécisme est une idéologie qui postule que l’espèce est un critère pertinent pour décider de la valeur morale d’un individu.
Le spécisme justifie alors la supériorité de l’être humain, et la façon dont nous hiérarchisons les autres animaux entre eux, destinant certains à vivre à nos côtés pour notre agrément, d'autres à être exploités pour leur productions. Il justifie également l’utilisation des animaux dans l’industrie pharmaceutique, cosmétique, du divertissement, du textile et de l’habillement.
Finalement, le spécisme est une idéologie, c’est-à-dire un système de croyances et de valeurs, qui justifie la domination des autres animaux en la présentant comme naturelle et inévitable. De cette idéologie découle une oppression structurelle : au-delà des croyances et des idées, le spécisme se manifeste matériellement par un système socio-économique qui organise la domination des autres animaux par les humains.
L’analyse de l’idéologie spéciste vient bousculer nos habitudes de pensée et nos institutions. Approche philosophie et éthique diamétralement opposée, l’antispécisme propose une transformation profonde de notre rapport aux autres animaux.
2. Qu'est-ce que l'antispécisme ?
L'antispécisme est un courant philosophique et moral qui s’oppose au spécisme.
Selon lui, l’espèce d’appartenance n’est pas un critère pertinent pour déterminer la valeur morale des individus.
L’antispécisme ne nie pas les différences entre les individus d’espèces distinctes et n’exige pas que soient traités de manière semblable des individus dont les intérêts divergent.
Le critère de considération morale qui semble le plus largement admis par les éthicien.nes 9 est la sentience, c’est-à-dire la capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, etc., et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie.
L’antispécisme soulève de nombreuses questions quant aux droits à accorder aux animaux et aux devoirs qui nous incombent à leur égard.
Aborder la médecine vétérinaire dans une approche antispéciste amène à s'interroger sur le rôle des vétérinaires dans l’élevage, la reproduction et la stérilisation, le statut de l’animal de compagnie et son alimentation ou encore le recours à l'expérimentation animale pour l’élaboration des médicaments.
J. B. Jeangène Vilmer (2018) L'éthique animale. Presses Universitaires de France.
V. Giroux (2020). Chapitre II. Spécisme et spécismes. L'antispécisme (p. 41-87). Presses Universitaires de France.
V. Duran-Le Peuch (2025) En finir avec les idées fausses sur l'antispécisme. Editions de l’Atelier.
“Comme un poisson dans l’eau” le podcast contre le spécisme animé par V. Duran-Le Peuch
K. Harchi (2024) Ainsi l’Animal et nous. Actes Sud.
Peter Singer (2024 [1975]), La Libération animale, traduit par Françoise Bouillot, Pierre Reignier, Johan-Frédérik Hel-Guedj et Gabrielle Pozzo Di Borgo, Payot et Rivages.